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04/10/2011

Les projets d'essais sur l'Epidermolyse Bulleuse Dystrophique

Epidermolyse Bulleuse Dystrophique

Les épidermolyses bulleuses dystrophiques (EBD) représentent un groupe de maladies cutanées génétiques rares mais sévères, responsables de décollements bulleux de la peau et des muqueuses après traumatisme minime, débutant dès la naissance. Il a été montré que les formes récessives (EBDR) et dominantes (EBDD) de ces maladies étaient dues à une grande variété de mutations du gène COL7A1 codant le collagène VII, le composant des fibres d’ancrage.

Il existe une forte corrélation génotype-phénotype entre les mutations de COL7A1 et le phénotype de la maladie, les mutations conduisant à un codon stop prématuré étant responsables des formes les plus sévères d’EBDR, alors que les mutations dominantes faux-sens sont regroupées dans l’exon 73. Il n’y a actuellement pas de traitement spécifique des EBD et les épithéliomas spinocellulaires agressifs représentent la cause de décès la plus fréquente de ces jeunes malades.

Projets de thérapie génique ex vivo et in vivo pour l’épidermolyse bulleuse dystrophique récessive et dominante

Objectifs : développer des approches de thérapie génique ex vivo et in vivo pour les malades atteints d’EBDR ou d’EBDD, en tenant compte de leurs spécificités cliniques et moléculaires.

Ce projet se fonde sur l’étude d’une cohorte nationale bien caractérisée sur le plan clinique et moléculaire, de plus de 200 malades. Les projets 1, 2 et 3 s’adressent spécifiquement aux EBDR, le projet 4 concerne les EBDD, les projets 5 et 6 s’adressent aux EBDR et aux EBDD.

 

Le projet 1 vise à réaliser un premier essai clinique pilote de phase I/II par thérapie génique ex vivo de l’EBDR. Ce projet exploitera un équivalent de peau génétiquement corrigée par un vecteur rétroviral sécurisé SIN exprimant COL7A1, qui a reçu la désignation de médicament orphelin par l’Agence européenne du médicament (EMA) en mai 2009.

Il est prévu de traiter séquentiellement 4 malades EBDR sélectionnés qui ne montrent pas de réactivité immunitaire vis à vis du collagène VII. Ce premier essai pilote aura pour objectif de s’assurer de la sécurité et de la faisabilité de cette approche. Parce qu’elle ne sera pas applicable à tous les malades, des stratégies thérapeutiques alternatives seront développées. Elles prendront en compte l’organisation génomique spécifique de COL7A1, ainsi que la nature et la position des mutations de COL7A1 responsables des formes les plus sévères d’EBDR et d’EBDD.

 

Le projet 2 utilisera l’injection sous-cutanée de fibroblastes EBDR autologues génétiquement corrigés à l’aide du même rétrovirus SIN COL7A1. Il sera appliqué en périphérie des plaies et en des sites non accessibles à la transplantation de peau, telles les muqueuses. Les études précliniques utiliseront un modèle murin mutant hypomorphe avant d’envisager une phase de développement clinique.

 

Le projet 3 utilisera des molécules pour induire la translecture de mutations non-sens dans les cellules de malades EBDR en culture et dans des greffes de peau équivalente chez la souris immunodéficiente.

 

Le projet 4 ciblera des mutations dominantes fréquentes par ARN interférents (short interfering RNA, siRNA). L’efficacité de siRNAs chevauchants sera systématiquement testée in vitro. Les molécules les plus efficaces seront utilisées sur les cellules des malades en culture. L’efficacité d’injections sous-cutanées et de l’application topique à l’aide de liposomes sera comparée chez la souris avant d’envisager un développement clinique.

 

Le projet 5 vise à induire le saut d’exons sélectionnés de COL7A1 porteurs de mutations fréquentes récessives ou dominantes à l’aide d’acides ribonucléiques anti-sens. Les séquences les plus efficaces testées sur les cellules de malades en culture seront vectorisées dans des cassettes U7snRNA dans des vecteurs lentiviraux pour obtenir une preuve de principe in vivo. Les meilleures séquences anti-sens seront administrées par injection locale ou à l’aide de liposomes dans des peaux équivalentes greffées sur la souris et dans des modèles murins développés dans le projet 6.

 

Le projet 6 a pour objectifs de générer deux modèles de souris pour le saut d’exon: une souris knock-in avec un phénotype hypomorphe dû à une mutation récurrente récessive de l’exon 74. Ce modèle permettra d’étudier la réversion du phénotype après administration locale ou systémique de séquences anti-sens. Une souris humanisée pour COL7A1 permettra d’étudier le caractère non indispensable des exons ciblés in vivo.

Equipe de recherche

Pr Alain Hovnanian Inserm U563, CHU de Purpan, Toulouse

E-mail: alain.hovnanian@inserm.fr

État d’avancement

En juin 2010, le programme en est ses débuts. Les premiers résultats seront obtenus d’ici juin 2011.

Fiche mise à jour le : 16/06/2010

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